Pourquoi est-ce essentiel ?

Dans cette formation, je vous montre comment est composée la musique électronique. Grâce à ces premières bases, vous comprendrez beaucoup plus facilement le processus et l’univers du DJ’ing. Zappez ce chapitre vous privera de connaissances fondamentales pour réaliser correctement vos transitions. Pourquoi ? car…

La composition électronique (MAO – Musique Assistée par Ordinateur) suit ses propres règles. Elles existent au travers de tous les sons destinés à enflammer les pistes de danses du monde.

La composition

Le genre électronique est beaucoup plus abstrait que le rock ou le jazz. Dans les 2 derniers cas, des musiciens jouent de vrais instruments (guitare, piano, basse, batterie, saxophone, etc.). En électronique, ces instruments acoustiques sont également présents sous forme d’échantillons numérisés (samples). Mais à cela, vient s’ajouter la synthèse sonore (crée par des synthétiseurs physiques ou logiciels).

Aussi, il est essentiel de comprendre les principes de bases régissant la musique synthétisée afin de réussir des mix professionnels.

Les percussions (drums)

  • Kick (grosse caisse)
  • Snare (caisse claire)
  • Clap (similaire au claquement de main)
  • Hi-hats (Cymbales), peuvent être ouvertes ou fermées sur une batterie.
  • Diverses percussions

On retrouve donc les ingrédients majeurs d’une batterie acoustique dans la musique électronique. Il faut cependant avoir à l’esprit que ces échantillons sont enregistrés et traités par un processus d’effets complexes afin de décupler leur impact. Dans le style électro « newgen », les drums sont crées à l’aide de la synthèse sonore. Le kick est l’élément décisif dans la qualité d’une track.

Les instruments

Par dessus les drums viennent se poser les instruments.

Les instruments acoustiques sont échantillonnés ou reproduit par synthèse.

Les synthétiseurs sont les éléments les plus courants. Ils sont flexibles et permettent de créer des sons très divers, allant d’une basse lourde et profonde jusqu’aux effets accompagnant une montée en passant par les mélodies principales (lead).

Les échantillons (samples), sont tous les sons enregistrés et rejoués à l’aide d’échantillonneurs (samplers). Les instruments acoustiques en sont un exemple, mais pas seulement : quelques secondes d’une phrase, un son de votre environnement, un échantillon d’une autre musique (micro-sampling), etc… Les possibilités sont infinies. Le sampling est très utilisé dans l’électro French Touch (Daft Punk, Justice, etc…)

L’arrangement

Néanmoins, tous ces instruments/synthétiseurs ne suffisent pas à eux seuls à créer une musique. Faut-il encore les arranger ensemble afin de produire une consistance musicale. Plusieurs éléments sont à considérer :

Le tempo, calculé en BPM (Battements Par Minute). Définit la vitesse de la track. Les styles sont très sensibles à ce paramètre. Par exemple, la House tournera généralement entre 126 et 128 BPM. La Dubstep Electro sera soit à 110 soit à 140 BPM environs, etc…

La signature rythmique définit le nombre de battements par mesure ainsi que la taille de la division. En musique électronique 99,9% du temps vous aurez affaire à du 4/4. C’est à dire 4 battements par mesure, 1 battement = 1 noire (croche, noire, blanche, ronde). Il est très important d’avoir cette notion de mesure à l’esprit car c’est grâce à ceci que vous pourrez savoir quand lancer vos mix.

La phrase rythmique définit le nombre de mesures avant un changement. En électronique, vous aurez soit 4 ou 8 mesures par phrase. A chaque début de nouvelle phrase est introduit ou retiré un ou plusieurs éléments sonores.

Maintenant que vous comprenez le tempo et la signature, il reste le plus intéressant : le rythme et l’arrangement.

Le rythme définit l’agencement des percussions et instruments entre eux afin de créer du groove (plus la musique à de groove, plus elle sera dansante).

Dans une mesure de 4 temps (1-2-3-4) sur une musique house :

  • Un kick sur chaque battement, le premier et 3ème kick sont plus forts (KICK-kick-KICK-kick).
  • Un clap et ou un snare 1 battement sur deux (silence-clap-silence-clap ou silence-snare-silence-snare).
  • Puis les closed hi-hats sur chaque temps et opened hi-hats sur chaque contretemps (un contretemps se situe entre 2 battements).
  • Aux drums viennent s’ajouter une ligne de basse (Bassline) pour agrémenter le groove d’une track.

Evidemment, il ne s’agit pas de lois immuables et souvent les compositeurs agencent de manière différente leur rythmique, tout est question d’originalité et de créativité.

L’arrangement définit la ligne de conduite d’une musique. Un refrain, une montée, une coupure (break), etc… Dans le cas de la musique électronique, il existe souvent plusieurs versions :

  • Les radio edit, durent maximum 3 minutes 30 et sont destinées à un usage grand public. Ces versions passent à la radio et sont dans les iPods des amateurs de musiques tout public. Ces versions sont à proscrire de votre playlist si vous souhaitez mixer en club. Cependant, dans le cadre d’animation en discomobile, ces versions sont parfaites pour de l’enchainement sans calage.
  • Les video edit sont les versions de 4 minutes 30 maximum diffusées en vidéo clip à la télé ou sur Youtube.
  • Les club mix sont des versions étendues des radios edit. Elles durent parfois jusqu’à 10 minutes et permettent le mix linéaire. Ces versions sont optimisées pour le mix en club (basses retravaillées, sons épurés, montées rajoutées/allongées, etc.)
  • Les original mix (ou extended mix) sont des versions étendues des radios edit. Elles durent parfois jusqu’à 10 minutes et permettent le mix linéaire. Note : s’il existe un club mix de la même track, cela signifie que l’original mix n’est pas adapté pour le club. Dans le cas contraire, le producteur aura jugé l’original mix jouable en club.
  • Les remix sont des recompositions par d’autres artistes des tracks originals. Dans 99,9% des cas, les remix suivent le même schéma que les club mix.
  • Les mashups ne sont pas des morceaux produits à proprement parler. Il s’agit de plusieurs morceaux « collés » ensemble afin de créer un nouveau titre. Les mashups sont souvent confondus avec les bootlegs.
  • Les bootlegs sont des enregistrements non autorisés en direct lors d’un événement. Cette méthode est utilisée afin d’obtenir et de diffuser des tracks qui ne sont pas encore sur le marché. On parle alors de « copie pirate ».
  • Re-Edit, il s’agit d’un simple découpage de la track originale et d’un réarrangement des parties.

Dans le cadre des musiques « dancefloor », des études ont été réalisées afin de déterminer le schéma le plus efficace.

L’arrangement (Club mix) se compose comme suit en règle générale : intro, partie pleine, breakdown court, thème, petite montée, partie pleine, breakbeat, breakdown, thème complet, longue montée, partie pleine, outro.

  • L’intro est divisée en 2 parties. La première est généralement composée de drums alors que la seconde permet d’introduire la partie pleine. La 2ème partie peut être un breakbeat ou un breakdown.
  • L’outro est l’exacte opposée de l’intro afin de permettre leur imbrication (comme des LEGO)
  • La partie pleine (Refrain) est la partie où le dancefloor va bouger et ressentir toute l’énergie de la track.
  • Le breakdown est une coupure sans drums. Il n’y a que des instruments jouant des nappes plus douces. Le calme avant la tempête pour permettre aux clubbers de se reposer avant de mieux recommencer.
  • Le breakbeat est composé principalement de drums et sert le plus souvent à amener le breakdown.
  • Le thème est la mélodie principale de la track. Si je vous dis « Calabria » vous penserez immédiatement à la mélodie jouée par le sax. Le thème, c’est cette mélodie.
  • La montée permet de faire monter le niveau d’énergie du dancefloor jusqu’à son apogée. C’est à ce moment que le club lève les bras et se dit « Ahhh ça va tabasser ». Oubliez les montées et vous pouvez diviser par 2, 5 ou 10 l’ambiance de la soirée.

Le mot de la fin

Vous devez comprendre et intégrer ces principes. Ecoutez l’arrangement de vos morceaux préférés et notez chaque passage identique entre les différents tracks. Dites vous que chaque partie a une raison d’exister. Dans un mix DJ, il est important de respecter ses parties.

En effet, si vous enchainez refrain sur refrain sans laisser respirer vos clubbers, après 3 tracks ils seront gavés et quitteront le dancefloor.

Voilà, j’espère que vous avez pu assimiler une grande partie des bases de la structure d’une musique électronique. D’ailleurs vous remarquerez qu’il y a beaucoup de similarité avec d’autres styles de musique tant au niveau de l’arrangement que de la créativité sonore… La House music n’est pas aussi limitée, comme le prétendent certains, par rapport aux autres styles commerciaux.

Musicalement,

Damian Rocks


La playlist intelligente (mixer la bonne track au bon moment) : ACCEDER A LA VIDEO


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