Qu’est-ce que c’est ?

Vous hésitez sur la direction que doit prendre votre régie personnelle ou vous souhaitez connaitre toutes les possibilités qui s’offrent à vous aujourd’hui ? Le choix de la source sonore influencera grandement votre passion et votre style.

Une source sonore est par définition la source qui va créer le signal audio. Une source sonore se présente de maintes façons : sous forme de platines vinyles, platines cd, carte son et ordinateur, iPod, micro, etc. C’est depuis ce support que vous pourrez contrôler vos musiques. Aussi, il s’agit là du choix primordial lors de l’achat de votre matériel (voir article « achat de matériel »).

Ceci est la suite logique de l’article « Initiation au matériel DJ – La table de mixage ». Si vous débutez dans le milieu, je vous conseille de suivre les articles dans l’ordre. Pour commencer depuis le début : « Initiation au matériel DJ – vue d’ensemble ».

La platine vinyle

La platine vinyle est un symbole de noblesse dans le milieu. Elle est la chouchoute de tous les DJs oldschool (plus connus sous le pseudonyme de « puristes ») car elle est le point de commencement de la profession. La référence club actuelle c’est la Technics SL1200 MK2/MK5. Il faut également savoir que Technics a définitivement arrêté la production de ses platines en février 2010. Aussi, si vous souhaitez vous en procurer, il faudra en acheter d’occasion. Ci dessous une Technics SL1210 M5G (édition de luxe).

technics1210MK5

Son fonctionnement

Une galette noire gravée ou pressée va être lue à l’aide du diamant présent sur le bras de la platine vinyle. Une fois la galette posée sur le plateau, celui-ci va la faire tourner dans le sens des aiguilles d’une montre. Le diamant vient se poser dans le sillon. Ce sillon est gravé en spirale de l’extérieur vers l’intérieur et est composé de creux et de bosses qui vont faire vibrer le diamant afin de produire un son.

L’avantage du vinyle c’est qu’il est analogique. Un son analogique est imparfait ce qui le rend plus humain. C’est pour cette raison que vous entendrez beaucoup de monde parler de la chaleur du son vinyle.

Power

L’allumage d’une platine vinyle est très spéciale car il se trouve juste au dessus du bouton play. Il faut tourner la molette vers la droite pour la mettre sous tension. Le bouton d’alimentation n’est pas ici par hasard, il permet de déclencher rapidement la platine afin de faire mourir le disque. On appelle ça l’effet « brake ».

Play/stop

Très simplement, ce bouton permet de mettre en mouvement le plateau.

33/45 tours

Les boutons 33 et 45 tours permettent de varier la vitesse du plateau afin de lire les vinyles enregistrés à différente vitesse. A noter que les 33/45 tours n’ont rien à voir avec la taille du vinyle. A ce moment on parlera de pouces.

La lampe de lecture

Elle permet tout simplement de lire les sillons du vinyle. En effet, en fonction des instruments d’une track, l’aspect du sillon sera plus ou moins dense. Ce visuel est extrêmement pratique pour le DJ car de cette façon il peut situer les différents passages du morceau.

Le pitch

Le pitch permet de varier la vitesse du plateau de quelques pourcents afin d’aligner deux disques à la même vitesse. En règle générale, les platines offrent une marge de 8%, parfois de 16%. Pour accélérer le disque il faut ramener le pitch vers soi et l’inverse pour le ralentir.

Le bras

Le bras permet de soutenir la cellule qui elle même dispose d’un diamant connecté en son bout. Celui-ci permet la lecture des sillons par vibration. Lorsque vous souhaitez déposer le diamant sur le vinyle, soulevez sans pincer le bras à l’aide du plastique noir perpendiculaire à la cellule (Illustration ci-dessous). Il est impératif de ne pas exercer de pression sur le vinyle lors du dépôt du diamant sous peine d’endommager le matériel. Dès que le bras n’est pas en lecture, veillez à verrouiller celui-ci à l’aide du loquet.

Ci-dessous l’exemple d’une cellule de marque Ortofon avec son diamant.

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Réglage du bras

Il est également important de régler parfaitement le bras de ses platines vinyles en fonction des cellules utilisées. Pour se faire, commencez par identifier le contrepoids qui se trouve à l’arrière du bras.

vinyl_bras_contrepoids-268x300

Ensuite, dévissez ou vissez le contrepoids afin que le bras reste en équilibre horizontalement sans que la cellule ne touche le plateau. Une fois que le bras est en équilibre, tournez uniquement la roue graduée afin d’aligner le 0 sur la ligne noire dessiné sur le bras.

Finalement, il faut consulter les réglages conseillés par le constructeur de la cellule. Si vous avez une Ortofon le poids est de 3.5 à 4g de mémoire. Régler correctement le contrepoids permet d’éviter une usure prématurée tout en assurant un maximum de stabilité à la cellule. N’hésitez pas à expérimenter divers réglages afin de trouver votre juste milieu entre stabilité/usure minimale.

Il reste encore l’anti-skating à régler (anti-dérapage en français). Un bon réglage offre une meilleure qualité sonore, une meilleure stabilité ainsi qu’une diminution notable de l’usure de vos vinyles.

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Pour régler cette molette, utilisez un disque vinyle vierge (lisse) et déposez le diamant dessus. Un réglage parfait ne fera pas dériver le bras vers l’extérieur ou l’intérieur lorsque le plateau est en mouvement.

Eviter le rumble

Lors d’utilisation à la maison, une platine vinyle ne rencontrera aucun problème de rumble. Cependant, lorsqu’elles sont branchées sur un gros système son il peut se produire du « rumble ». En club, un système sonore puissant fera vibrer les murs et le mobilier. Aussi, une platine bêtement posée sur une table va faire osciller toute la platine, le diamant y compris. Et comme le diamant émet à sa vibration, il en résultera un son sourd et désagréable.

Pour diminuer le problème, posez les platines sur un élément stable et lourd (plaque de plomb ou de ciment). Vous pouvez également découper deux balles de tennis en 2 et les mettre sous la plaque afin de diminuer au maximum le risque de rumble.

Il existe également une solution commerciale efficace (je n’ai aucune action chez eux je vous rassure) : freefloat

Le scratch

Avec la platine vinyle est né le scratch. L’art du scratching consiste à accélérer et ralentir le vinyle à la main en rythme sur le deuxième disque afin de créer une nouvelle harmonie et rythmique. Avec la deuxième main, le DJ utilise le crossfader pour réaliser des cuts afin de masquer certains retours ou avance du son.

Ci-dessous une démonstration du triple champion du monde des DJs DMC : DJ Q.Bert.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=GOiXgVv86e0[/youtube]

La platine CD et USB

Digne successeur de la platine vinyle, la platine CD s’est imposée majoritairement dans les configurations clubs. Depuis, le concept a beaucoup évolué et certains produits proposent une lecture des clefs USB et des cartes SD. C’est le cas notamment de la nouvelle référence club, la Pioneer CDJ-2000.

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Son fonctionnement

La platine CD est numérique. Elle est capable de lire, la plupart du temps, beaucoup de formats audio.

Elle présente énormément d’avantages par rapport à la platine vinyle. Plus besoin de transporter une tonne de vinyles dans 4 bags UDG hors de prix. Le classement des MP3 sur une clef USB est beaucoup plus souple grâce aux tags MP3. La possibilité de faire des boucles et d’enregistrer plusieurs points de repères (Hotstart) rend le DJing beaucoup plus poussé et technique. La possibilité de sauvegarder ses réglages et point de repères.

Bien évidemment, il y a aussi des inconvénients. Le son est beaucoup plus froid. L’art du DJ’ing perd beaucoup de son charme. Le touché vinyle est un plaisir qu’il faut avoir gouté pour le comprendre. Aussi, si vous débutez celui-ci ne vous manquera pas.

Note : le mode de fonctionnement d’une platine CD varie d’un constructeur à l’autre et je n’aurai pas le loisir de traiter individuellement chaque cas pour des raisons évidentes. Aussi, je vais me baser sur la référence club : la marque Pioneer, dont ses lecteurs CDs proposent un mode de fonctionnement globalement identique.

Play

La touche play, permet de lancer la track depuis le point de repère enregistré. Elle permet également de stopper la musique sur un point précis sans retourner au point de repère.

Cue

La touche cue n’est pas un simple bouton de stop. Il permet avant tout l’enregistrement d’un point de repère à un endroit souhaité. Ce point de repère sera le nouveau point de départ lorsque vous lancerez la track à l’aide du bouton play. Pour enregistrer un point, lancez la lecture puis dès que vous trouvez l’endroit sur lequel vous souhaitez enregistrer votre point de repère, pressez à nouveau play afin de stopper la lecture. Puis à l’aide du plateau (en mode CDJ) vous pouvez affiner la position. Finalement, appuyez sur cue pour enregistrer le point de repère.

Une astuce très utile : si vous maintenez le cue, la track va jouer et s’arrêter lorsque vous la relâcherez : pratique pour créer un rythme à partir d’un échantillon ou vous préparer à lancer votre mix. Aussi, si vous lancez la track à l’aide du cue et que vous souhaitez la laisser continuer son chemin sans la maintenir pression sur le bouton, appuyez sur play avant de relâcher cue.

Jog

Le jog sert principalement à 2 choses. La première, rattraper un mix en accélérant ou ralentissant temporairement la track. Remarque : certaines platines d’autres marques ont un bouton + et un – à la place du jog. La deuxième utilité est le scratch. Celui-ci est assez bon sur les CDJ-2000 quoique non comparable à un vrai son vinyle. Il a également d’autres fonctions secondaires comme corriger une boucle ou placer un point cue.

Pour passer du mode CDJ au mode scratch et inversement, appuyez sur le bouton Jog mode.

Vous pouvez également ajuster la dureté du plateau à l’aide du Jog adjust.

Pitch

Le pitch permet d’accélérer ou ralentir une track afin de la caler sur une autre. Comme sur la platine vinyle, il y a une fourchette. Celle des CDJ est réglable en fonction du modèle cela va de 8% à 100%.

Une option supplémentaire est disponible : le master tempo. Lorsque l’on corrige une vitesse, la tonalité s’en trouve affectée. Le master tempo est un algorithme qui va recalculer la tonalité originale afin que la track ne change pas de ton. C’est très utile pour le mix harmonique et personnellement je l’utilise. Cependant, il faut savoir qu’avec cette option, le son est beaucoup plus vite altéré. Il faut donc privilégier des vitesses proches entre les tracks.

Loop

La fonction boucle est sans conteste la grande nouveauté de la platine CD avec les hotcues. Pour créer une boucle, il faut poser le point d’entrée et le point de sortie à l’aide des 2 boutons jaunes in et out. Dès que la loop est fermée, elle va tourner jusqu’à ce que vous la désactiviez à l’aide du bouton Reloop/exit. Si vous pressez sur Reloop/exit alors que la track n’est pas dans une boucle, vous vous retrouverez dans la dernière crée.

Pour corriger une boucle, il suffit de presser une seconde fois sur le point à modifier alors que la boucle est active. Le bouton jaune se mettra à clignoter et vous pourrez déplacer le point à l’aide du jog ou des touches search en dessus du cue. Remarque : certaines CDJs ne permettent pas l’édition du point d’entrée.

Avec la dernière version du logiciel des CDJ-2000, vous pouvez instantanément modifier la taille d’une boucle en la divisant ou en la multipliant. Pour se faire, lorsqu’une boucle est activée, passez en mode édition du point de sortie. Le LCD va afficher les paramètres comme sur la photo ci-dessous. Vous pourrez alors choisir une valeur à l’aide du Needle Search.

BeatLoop

Hotcue

Les hotcues sont une arme redoutable pour le remix live. Il s’agit de cues utilisables à la volée. Vous pouvez enregistrer un hotcue lorsque la platine est arrêtée sur un point désiré ou en mouvement. Activez d’abord l’enregistrement en cliquant sur REC/CALL. Les hotcues A/B/C deviennent rouges. Pressez le hotcue désiré afin d’enregistrer ou remplacer un point de repère. Appuyez une deuxième fois sur REC/CALL pour retourner en mode de lancement.

De la même manière, vous pouvez enregistrer une boucle dans un slot hotcue. Lorsque la loop est active, passez en mode d’enregistrement à l’aide du REC/CALL et pressez le hotcue désiré. Vous remarquerez que de retour au mode de lancement, le hotcue sera jaune au lieu d’être vert.

Remarque : seules les CDJ-1000 (ancienne génération) et CDJ-2000 disposent de hotcues. Certaines autres versions proposent des boucles automatiques à la place.

Direction FWD/REV

Cette option permet de jouer un morceau à l’envers. Très utile lors d’enchainement rapide afin de rajouter du punch. L’effet est également intéressant lorsqu’il est utilisé en parallèle d’une montée.

Brake

Le brake sur CD est une simulation de la mise hors tension d’une platine vinyle lorsqu’un disque est en lecture. Il y a deux paramètres. Le touch/brake permet de définir le temps du brake lorsque vous arrêtez la track en appuyant sur play ou en posant la main sur le plateau. Le release/start c’est le temps au démarrage ou lorsque vous relâchez le plateau.

Rekordbox

Avec les nouvelles technologies de lecture sur USB est apparu Rekordbox. Il s’agit d’un logiciel gratuit offert par Pioneer et développé par Mixvibes. Il permet de préparer son classement MP3 sur son ordinateur PC ou Mac, d’analyser tous ses morceaux (affichage de la waveform instantanée), de préenregistrer les hotcues et loop de façon précises et encore beaucoup d’autres options. Puis, de les réutiliser sur les CDJ-850/CDJ-900/CDJ-2000.

Bien que j’angoisse régulièrement avec sa stabilité sur mac, je vous recommande son utilisation. Vous pouvez le télécharger ici : Rekordbox

Les platines seamless

Vous trouverez dans le commerce quantité de choix aux fonctions et prix alléchants en comparative avec les CDJ de Pioneer.

Un conseil, ne comptez pas sur les 300 fonctions supplémentaires lorsque vous ferez du live.

Un deuxième conseil, si vous cherchez des platines CDs : n’achetez rien d’autre que des lecteurs Pioneer. Je suis conscient de leur politique marketing agressive. Néanmoins, vous ne trouverez pas de platines CDs meilleures qualités ailleurs. A vrai dire, je n’ai jamais entendu parler d’une seule platine CD qui soit stable à part des CDJs.

Dernier point, énormément de lecteurs bas de gamme ne disposent pas d’un traitement seamless. C’est à dire, qu’entre 2 tours de boucle, vous aurez…un blanc, c’est simplement inutilisable. Aussi, parfois la réponse du play et du cue est beaucoup trop lente (parfois une demi-seconde de latence).

Si vous souhaitez mixer sur CD, ayez le budget. Sinon tournez vous vers du numérique en attendant. Nous en reparlerons dans l’article dédié à l’achat d’une régie DJ personnelle.

Les logiciels

Les derniers arrivés sur le marché sont les logiciels DJs. A vrai dire, ceux-ci existent déjà depuis une dizaine d’années mais ne sont devenus vraiment efficace depuis peu.

Il y a 5 ans, le fait d’amener un ordinateur portable en club était encore impensable. Cela donnait aux gens l’impression que le DJ ne faisait rien, qu’il laissait l’ordinateur mixer à sa place. On a vécu le même phénomène avec les platines CDs il y a une 15aine d’années (personnellement je suis trop jeune pour l’avoir vécu, mais certainement de ceux qui me lisent se laisseront aller à la nostalgie de l’époque « vinyl-only »)

Avec le temps, les choses changent et les nouveautés deviennent des habitudes. Aujourd’hui énormément de DJs emmènent leur ordinateur portable en soirée afin de mixer sur logiciel.

Il faut savoir qu’il existe plusieurs possibilités, mais le principe reste fondamentalement le même. Je vais commencer par les bases puis nous verrons en détail les alternatives qui s’offrent à nous.

Cette fois, je ne vais pas pouvoir me focaliser sur la référence club puisqu’il s’agit de régie personnelle. En effet, vous ne verrez aucun club à l’heure actuelle équipé d’ordinateur dédié au DJing. Aussi, je vais parler du logiciel qui me semble le plus abouti et le meilleur choix dans 99% des cas (pour ses possibilités et le budget). Il s’agit de NI Traktor (pour les pro Serato qui s’emplissent de refus et de colère face à mon choix, j’étalerai mes arguments et ceux d’un DJ réputé plus bas.)

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Remarque pour les débutants : Virtual DJ n’est PAS un logiciel professionnel. Il n’est PAS non plus le soft le plus précis pour le calage automatique. Et il est 3x le prix de Traktor DUO 2 !

Son fonctionnement

Un ordinateur portable Mac ou PC va faire tourner un logiciel DJ. Il est possible d’y charger ses musiques de différents formats (Wav, Aiff, MP3, etc.). Le fonctionnement standard d’un logiciel DJ est similaire à celui d’une platine CD. Il existe cependant quelques fonctions supplémentaires comme le calage automatique, des boucles précises, de la quantification, des samplers, 8 hotcues, un visuel plus poussé, des effets et plus encore. Finalement, le son est envoyé par le biais d’une carte audio externe (comme la série AudioDJ de NI, vendue avec Traktor) vers la table de mixage.

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Mais vous me direz : « Damian c’est bien joli tout ça, mais je ne vais pas m’amuser à mixer avec une souris et un clavier. ». Effectivement, moi non plus. D’ailleurs, les différentes utilisations des soft DJs, dont je faisais allusion plus haut, résident dans la façon de les contrôler au moyen d’un ou plusieurs éléments externes.

Controller et mixer externe

Il s’agit de la nouvelle et future façon de faire. Les contrôleurs USB sont reliés à l’ordinateur afin de guider les différents paramètres du logiciel. Le moyen de communication utilisé entre le contrôleur et le soft s’appelle « MIDI ». Là encore, de tous les contrôleurs que j’ai pu tester, c’est Native Instruments qui remporte la palme avec ses Kontrol X1. Ceux-ci permettent de contrôler les tracks (comme une platine CD ou vinyle). Ils proposent également la gestion des effets de Traktor (dont je traiterai le sujet dans un prochain article). Dans cette configuration, une table de mixage standard (comme la DJM900 par exemple) est requise. Chaque piste du logiciel est envoyée sur une sortie différente de la carte son. Cela sous-entend qu’il faut autant de sorties qu’il y a de platines virtuelles.

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Note : il est bon de savoir que les CDJ-2000 embarquent la gestion du MIDI ainsi qu’une carte son. Cela sous-entend qu’avec un câble USB par platine, il est possible de relier les CDJs sur Traktor (configuration automatique) et d’utiliser ses dernières comme contrôleurs MIDI ainsi que leur carte son intégrée pour envoyer le son aux pistes de la table de mixage (aucun branchement supplémentaire à part les deux USB).

Controller et mixer interne

A la seule différence des contrôleurs avec une table de mix séparée, ce type de contrôleurs propose d’utiliser le mixer interne à Traktor. En général, la carte son est directement intégrée au contrôleur et il n’y a qu’une seule sortie à brancher. Pour cela, vous pouvez arriver en club et n’utiliser qu’une piste de la table du club pour brancher votre matériel : rapide et efficace. Encore une fois, le meilleur choix selon moi est chez Native Instruments avec son Traktor S2 et Traktor S4 (S2 = 2 pistes / S4 = 4 pistes).

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Note : Je ne fais pas la distinction entre les protocoles MIDI et HID pour une question de clarté dans les explications

Timecode CD et vinyle

Certainement l’option la plus courante dans le milieu professionnel. En effet, ce système permet de relier vos platines CDs ou vinyles par le biais de votre carte son afin de contrôler vos MP3 chargés dans Traktor. Pour ce faire, les sorties cinch de vos platines sont connectées aux entrées de la carte son. Puis, à l’aide de CD/Vinyles « Timecodés » avec un signal propre au soft de mixage (Traktor et Serato sont les 2 programmes les plus fiables) vous pouvez mixer comme si le son venait de vos platines. Aujourd’hui le 99% des DJs sur vinyle utilisent ce système afin de profiter de toutes les possibilités technologiques actuelles sans sacrifier leur confort et plaisir du touché.

Remarque concernant Traktor : il faut la version Traktor Scratch ainsi qu’une carte son certifiée par Native Instruments pour pouvoir mixer en timecode.

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Traktor vs Serato

Plus tôt dans cet article, j’ai fait part de mon enthousiasme envers Traktor. J’avoue être un Native Instruments Addict et voyons de suite pourquoi.

Stabilité

Mon collègue est un pro Serato. Et chaque weekend, je le vois s’énerver avec son logiciel. Le signal n’est pas toujours stable. Dans l’ensemble, le soft fonctionne très bien et je n’aurais pas peur de l’utiliser en soirée. Cependant, jusqu’ici Traktor a montré une plus grande stabilité que son concurrent. Mais ce n’est pas là l’argument que je retiendrai pour vous convaincre.

Fonctionnalités

Serato se veut très simple. Il ne dispose pas de 1000 options et très peu d’effets. Beaucoup apprécie son navigateur et l’affichage des waveforms verticales. Une des seules fonctionnalités disponibles sur Serato dont Traktor ne dispose pas est la lecture des clips vidéos (c’est pour cette seule utilisation que je vous le recommanderais). Un autre petit avantage sur le SL4 : il y a deux sorties USB sur la carte. C’est très pratique pour permettre à un autre DJ de reprendre un set sans avoir à débrancher le matériel.

Traktor est entièrement paramétrable. Cela demande quelques heures de bidouillage pour en saisir le principe mais une fois maitrisé, vous pourrez adapter l’outil à votre convenance. Traktor dispose également d’effets très puissants dont nous aurons l’occasion de reparler prochainement. Aussi, les boucles et hotcues de Traktor sont 20x plus précises que ceux de son concurrent grâce à la timegrid (grille de tempo). Autre aspect intéressant, la carte son de Traktor peut être utilisée avec n’importe quelle application contrairement à celle de Serato.

Qualité

Serato vante son produit pour être le plus adapté au scratch. Q.bert, triple champion du monde de scratch, a comparé pour nous les 2 programmes. Son constat : les 2 logiciels sont excellents, avec un son légèrement moins numérique chez Native Instruments. Le prix revient donc à Traktor encore une fois.

Ci-dessous la vidéo du test comparatif (en anglais) :

[youtube width= »520″ height= »292″]http://www.youtube.com/watch?v=fTj-L7EKCL8[/youtube]

A noter que la qualité du son de l’Audio10DJ est supérieure en tout point au SL4. Aussi, SL4 offre un son de grande qualité mais ses versions précédentes sont à proscrire en live. Pour ceux qui ne me croiraient pas, branchez côte à côte un système Traktor avec une AudioDJ et un Serato SL3 (ou antérieur) et testez la différence de puissance entre les deux.

Côté logiciel, la finition Traktor est impeccable, celle de Serato laisse à désirer.

Prix

C’est là que le bas blesse.

Serato Scratch Live SL4 : 849€ sur Thomann (une seule gamme de produit, prendre un ancien SL c’est descendre en qualité sonore. D’une version à l’autre il faut payer le plein prix à chaque fois)

Traktor Scratch Pro 2 avec Audio10DJ : 485€ sur Thomann (et il existe des versions plus basiques pour débuter et dont il est possible de mettre à jour par la suite pour une sommes modique)

Serato bat Traktor sur 2 fonctionnalités : vidéos et 2 USB. Malheureusement pour Rane, leur soft est en retard sur leur concurrent sur tous les autres aspects pour presque le double du prix !

Conclusion du comparatif

Je vous encourage à tester les 2 programmes afin de vous faire une idée plus précise. Dans mon cas le choix n’est pas discutable, à vous de voir ce qui vous conviendra le mieux.

Le mot de la fin

Recherchez les possibilités qui s’offrent à vous. Ne vous fermez pas à la nouveauté simplement parce que c’est nouveau. Beaucoup de DJs refusent de tester ou changer simplement parce qu’ils ont l’habitude de leur support. Personnellement, j’ai commencé sur vinyle avant d’acheter en parallèle des lecteurs CDs Denon (que je déconseille vivement) puis je me suis lancé dans le mix sur contrôleurs. Aujourd’hui j’utilise ces 2 derniers en alternance, parfois en même temps. Cela me permet d’offrir à mon public des sets différents et de varier les plaisirs. Par dessus tout, cela m’inspire chaque fois que je découvre une nouveauté et je progresse ainsi.

Retenez donc que rien ne vous empêche de mixer sur plusieurs supports. Une fois que l’on a pris la main avec un, il est plus facile de s’adapter à un autre. Restez ouvert et essayez : si cela ne vous convient pas, vous pourrez toujours revenir à votre ancienne façon de faire.

Remarque : il est plus facile de s’adapter à la nouveauté lorsque l’on maitrise un support plus ancien. Faire le chemin inverse en s’adaptant à un support plus ancien est beaucoup plus compliqué. Le mix ayant tendance à être facilité avec les nouvelles technologies, les nouveaux DJs ont besoin de moins en moins de compétences techniques afin de réussir leurs mix.

Vous retrouverez dans le prochain article les diverses connectiques et branchements et c’est ici que ça se passe : « Initiation au matériel DJ – Branchements et connectiques ».

Musicalement,

Damian Rocks


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